petitefilledemonsieurlinhUn grand-père, Monsieur Linh, est forcé de quitter son pays à cause de la guerre qui sévit chez lui.  Après la mort de son fils et de sa belle-fille, Monsieur Linh s’embarque sur un bateau et regarde impuissant son pays qui s’éloigne.  Pour se consoler, il emmène avec lui Sang Diû, sa petite fille, qui représente tout ce qui lui reste de sa vie passée.  Constamment, il lui chante cette berceuse :

Toujours il y a le matin

Toujours revient la lumière

Toujours il y a un lendemain

Un jour c'est toi qui seras mère

Le lecteur le suivra à son arrivée en terre d’accueil et prendra conscience des difficultés auxquelles tout exilé doit faire face.  Un roman sur l'exil, bien sûr, mais surtout sur la solitude, la différence, le courage, et l’importance de l'amitié dans nos vies. Un petit roman plus que touchant ; tout simplement bouleversant.  Encore une fois, l’écriture de Philippe Claudel émeut.  Son écriture est épurée, ses descriptions concises et les images sans cesse renouvelées dans la tête du lecteur.  Claudel prouve, avec Monsieur Linh, qu’il maîtrise l'art de la chute, car le lecteur reste sans voix en refermant le roman.  Une grande leçon de courage et une belle histoire d’amitié!

Claudel, Philippe. 2007. La petite fille de Monsieur Linh. Coll. « Le livre de poche ». Stock, 183 p.

Par Marie-Hélène Marcoux, conseillère pédagogique (français secondaire), Services éducatifs—Jeunes